23.04.2012

Bifff 2012: Le 30e Bifff c'est finifff

C'est chaque année la même chose... On a beau y être habitués, depuis tout ce temps, mais la vérité reste toujours difficile à affronter: le Bifff a fermé ses portes! Il va falloir reprendre nos activités normales, comme dirait le PPD des Guignols de l'Info, se réhabituer à des horaires classiques, ne plus enchaîner quatre films à la suite, ne plus entretenir les poches qui s'accumulaient chaque jour un peu plus sous les yeux, et quitter peu à peu ce teint de zombie qui cadrait si bien avec les lieux. Bref, comme dirait le héros de BD Olivier Rameau, le moment est venu de retourner "dans-le-vrai-monde-où-on-s'ennuie". Et de retourner dans des salles obscures où plus personne ne crie à la cantonnade les gimmicks du Festival le plus frappadingue de la planète Septième Art.

 

 

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D'étranges visiteurs étaient venus prêter main forte pour fermer les portes du 30e Bifff

 

Bref, depuis la clôture, les 63.000 (!) visiteurs du 30e Bifff ont le vague à l'âme. C'est qu'il faudra encore 11 mois et demi dormir avant de retourner vers le site de Tour & Taxis pour la 31e édition... si du moins les budgets permettent de maintenir le Festival sur place. Réalités économiques obliges, les organisateurs doivent tenir compte des coûts énormes entraînés par la logistique à mettre en place sur le site de Tour & Taxis. Ce qui les fait donc sérieusement réfléchir à déménager, avec tous les défis que cela entraînerait. Car après 24 ans au mythique Passage 44, 6 ans sur le nouveau site n'étaient certainement pas de trop pour adopter une nouvelle vitesse de croisière et familiariser les habitués. Les mois qui viennent seront donc sûrement l'objet d'intenses cogitations...

 

 

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Un public en pleine forme du premier au dernier jour... et ça fait 30 ans que ça dure!

 

C'est donc ce mardi 17 avril que le rideau sur l'écran est tombé, après la remise des Prix. Un Palmarès qui n'aura pas fait l'unanimité, tant certains choix des différents jurys peuvent sembler curieux. Alors que la Compétition Thriller a assez logiquement récompensé The Whistleblower, et qu'une mention spéciale a été attribuée à Paul Rhys pour son interprétation dans Eliminate: Archie Cookson, le jury du 7e Parallèle a décerné son Prix au film japonais Himizu ainsi qu'une mention spéciale à Shuffle (deux films que nous n'avons vus, malgré notre assiduité légendaire).

 

 

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Le Jury Thriller (avec son Président Maxime Chattam au centre)

 

Les choses se corsent avec les Jurys Européen et International. Alors que le premier était bien parti pour récompenser fort méritoirement le film suisse The Sandman qui a laissé une excellente impression, le Méliès d'Argent est finalement allé à The iron sky. Si le Prix du Public -qui est allé au même film- est tout à fait compréhensible et respectable, ce choix finalement très "commercial" d'un jury a de quoi surprendre, d'autant plus que les débats ont paraît-il été houleux et que certains membres décidèrent même de boycotter la cérémonie pour protester contre ce choix. Pour rajouter à la confusion, The Sandman se vit tout de même attribuer une mention spéciale pour le moins biscornue vu les circonstances.

 

 

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Le Jury Européen (avec le journaliste David Hainaut à gauche)

 

Même perplexité face aux décisions du Jury International, les 2 Corbeaux d'Argent allant d'une part à Juan of the dead , film cubain de zombies, mais aussi et surtout -hélas!- à ce Tormented 3D dont nous soulignions dans une note précédente à quel point cette histoire de grand lapin qui vient hanter les pensées d'un petit garçon présentait un désintérêt total tant d'un point de vue scénaristique qu'artistique. Et pour en revenir aux choix commerciaux, le Corbeau d'Or attribué à The Awakening parachevait la déception globale, alors que bien d'autres films, tant dans la compétition européenne qu'internationale, méritaient bien davantage les honneurs: citons au hasard Panic Button, The Sandman ou Truth or dare au niveau européen, Bloodwork ou The Incident au niveau international. Des oeuvres certes imparfaites, mais dont les qualités aussi bien sur la forme que sur le fond n'avaient absolument rien à envier au ridicule Tormented !

 

 

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Le Jury International (avec son Président Mick Garris à droite) rit encore de ses choix saugrenus

 

Histoire de digérer tout ça, il ne restait plus, après la projection du film de clôture -The cabin in the woods - qu'à aller noyer son chagrin de fin de Bifff au verre de l'amitié offert par les Gentils Organisateurs et résister jusque parfois tard dans la nuit pour les indécrottables qui ne voulaient décidément pas croire que le Festival du Fantastique, 30e du nom, venait de rendre son dernier souffle dans un final digne des meilleures productions diffusées pendant la quinzaine.

 

 

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Olivier Clinckart

 

 

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21.04.2012

Bifff 2012: Derniers tours de projecteur

Dernier tour d'horizon des films projetés au Bifff 2012 avec, pour commencer, le dernier opus des frères Manetti, The arrival of Wang (L'arrivo di Wang). Et une très bonne surprise de plus au Fantastique! Gaia, une charmante traductrice-interprète spécialisée en mandarin se voit chargée de traduire les propos du mystérieux Monsieur Wang, que les services de renseignements italiens retiennent en détention. Curieusement, Gaia est seulement autorisée à entendre cet interlocuteur asiatique, mais pas à le voir. Quel secret détient donc cet homme pour être entouré d'autant de précautions? La vérité sera tout bonnement décoiffante!

 

 

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Cet excellent récit mélange des thèmes aussi variés que la différence, les préjugés envers les autres cultures et bien sûr une ambiance très particulière -on est au Bifff hein!- qui bluffe totalement le spectateur en jouant à fond sur les faux-semblants. Le 1er twist du film est à cet effet drôlement culotté. Et le reste de l'intrigue laisse planer un doute permanent sur les intentions de Wang jusqu'au final qui, là encore, nous prend à contrepied. Une belle réussite qui aurait assurément mérité sa place dans une des compétitions du Festival.

 

 

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Un Monsieur Wang étonnant, même si vous ne voyez pas ce que je veux dire

 

Avec nettement plus de moyens, The Awakening , premier long de Nick Murphy, réunit un beau générique: Rebecca Hall, Dominic West et Imelda Staunton pour une plongée au début des années 20, dans un pensionnat britannique de l'immédiat après-guerre où de curieux phénomènes ont été observés. Y aurait-il du fantôme dans l'air? Bourré d'atmosphère, le film réussit à tenir l'intérêt en éveil (encore heureux avec un titre pareil!), mais le dénouement n'est pas franchement à la hauteur, tant il ressemble à de nombreuses autres productions du même acabit et surtout à... mais nous ne vendrons pas la mèche, ça n'aurait pas de (6e) sens!

 

 

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Le très esthétique The flying swords of dragon gate permet à Tsui Hark de se lancer dans le re-remake: une nouvelle version de Dragon Inn de 1967, que le cinéaste avait déjà revisité en 1992. Même si, il est vrai, il s'agissait plutôt d'une co-réalisation, le seul nom de Raymond Lee apparaissant au générique. Hark se retrouve donc cette fois seul aux commandes, avec un Jet Li plus bondissant que jamais dans une histoire qui reprend tous les codes du genre et avec une mise en scène particulièrement soignée qui s'avère un pur régal pour les yeux.

 

 

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On passera rapidement sur le slasher espagnol XP 3D , qui a bien besoin du relief pour en apporter un peu au scénario archi-conventionnel, de même que Beast, film danois tourné en quelques semaines, qui vaut surtout -uniquement?- le détour pour son affiche autrement plus originale que son récit soporifique.

 

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On reste toutefois en Scandinavie avec ID:A , efficace thriller mettant en scène une jeune femme amnésique qui va s'employer à reboucher les trous de sa mémoire défaillante. Une quête qui va la mener à faire d'étonnantes découvertes sur qui elle est, ainsi que sur son compagnon et son frère. Si le film n'évite pas quelques longueurs qui plombent un peu le rythme, sa construction originale -un long flash-back est entamé à mi-parcours- le rend intéressant à défaut d'être flamboyant.

 

 

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Et pour clôturer en beauté cette incursion nordique au Bifff, Ronal the Barbarian est venu conquérir le public dans ce dessin animé irrévérencieux et souvent en-dessous de la ceinture, qui décoche quelques flèches aux super-héros de l'héroïc fantasy en mettant en vedette un gringalet aussi baraqué qu'une frite mais qui va pourtant combattre les forces du mal avec une dose d'humour grande comme ça!

 

 

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Mais tout cela n'est rien comparé au délire absolu que représente Zombie Ass: Toilet of the dead , dont le titre très évocateur en dit long sur l'humour très scato qui anime d'un bout à l'autre cette série z complètement tordue et qu'on croirait taillée sur mesure pour les fins de soirée du Bifff. Idéal pour une bonne tranche de déconnade entre potes, ce Zombie Ass est toutefois à déconseiller aux personnes souffrant de troubles de la digestion, les personnages du film étant déjà suffisamment indisposés que pour en rajouter une couche! Et rarement l'expression "être dans la m..." aura-t-elle été aussi bien mise en images!

 

 

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Olivier Clinckart

 

 

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19.04.2012

Bifff 2012: Les films défilent

Parmi les dizaines de films projetés au Festival du Fantastique, celui de Takashii Miike, Ace Attorney , est l'adaptation réussie d'un célèbre jeu vidéo, Phoenix Wright, où des avocats au look étonnant s'affrontent comme dans une arène. Vous n'êtes pas un accro de la console? Aucune importance, pas besoin de connaître le jeu pour apprécier l'histoire mise en scène avec virtuosité par le cinéaste asiatique. 

 

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L'aspect visuel constitue d'ailleurs la qualité essentielle de Ace Attorney , dont le style proche du manga tourné avec des personnages réels est une curiosité qui se transforme en bonne surprise, malgré les 135 minutes du film. Une longue durée qui bénéficie d'un rythme soutenu et d'une bonne intrigue, même si cette dernière ne mêne pas vraiment vers un twist final stupéfiant. En effet, un détail permettant de deviner qui tire les ficelles est balancé assez rapidement au détour d'une petite phrase qui mettra la puce à l'oreille des détectives en herbe. Pour autant, les mécanismes menant à la vérité sont développés avec brio par Miike, qui change donc ici radicalement de style après son 13 Assassins, qui avait d'ailleurs eu les honneurs du Bifff pas plus tard que l'an dernier.

 

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"Accusé, que faisait votre liste de courses dans la poche de la victime?"

 

The incident , une coproduction franco-belge comme son nom ne l'indique pas, s'est révélé une bonne surprise pour un premier long métrage. Alexandre Courtès situe son histoire dans un lieu enchanteur: un asile psychiatrique sous très haute sécurité où sont enfermés de sympathiques psychopathes de toutes sortes et autres dérangés du bulbe rachidien. Comme il n'y a pas de sot métier,c'est là que quelques jeunes cuistots viennent tous les jours bosser à la cantine pour nourrir les affamés de l'établissement. Avec tout de même une vitre blindée pour limiter les contacts entre ces employés et les gentils pensionnaires. Mais une grosse panne de courant va venir déranger la routine de l'endroit et provoquer des rapprochements inattendus et plutôt fâcheux entre nos amis cuisiniers et ceux qu'ils rassasient.

 

 

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Un pitch qui laisse augurer d'une débauche d'hémoglobine et de moments aussi saignants que les steaks de la cantine. Et de fait, The incident tient rudement bien la route! D'une facture classique, le film bénéficie d'une photographie soignée et d'un suspense horrifique qui ne manque pas de peps, même si l'espace limité dans lequel il se déroule entraîne parfois un côté répétitif. Sans révolutionner le genre, Courtès -venu tout droit du clip vidéo- témoigne de capacités prometteuses et a depuis lors contribué à un des segments de la comédie Les infidèles.

 

 

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Ce soir, on mange entre amis à la cantine!

 

Après ce séjour forcé dans les couloirs de The incident, les claustrophobes n'avaient pas fini de souffrir: The Elevator , du Norvégien Stig Svendsen (qui fait ici une incursion américaine), réduit encore davantage l'espace en enfermant tous ses protagonistes dans un ascenseur bloqué au 49e étage d'un gratte-ciel. Et tout ça à cause d'une sale gamine qui a tiré le bouton d'arrêt! Pour ne vraiment rien arranger, les services d'entretien n'ont pas l'air pressés de venir libérer les malheureux. Il ne faudrait pourtant pas trop traîner: entre un employé en surcharge pondérale, une femme enceinte, un homme qui ne supporte pas les espaces clos et un couple dont le monsieur pourrait bien avoir un petit secret honteux avec une des personnes présentes, la cohabitation risque d'être un peu difficile. Surtout que, petit détail en passant, l'ascenseur pourrait fort bien redescendre brutalement à cause de la bombe artisanale que transporte un des personnages!

 

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Voilà un huis clos terriblement efficace qui exploite à merveille sa durée assez courte pour jouer à fond sur les interactions entre les intervenants, dont certains vont se retrouver très mal à l'aise dans cette cohabitation temporaire. Et ce encore plus lorsque, une fois le danger de la bombe révélé, une course contre la montre désespérée va s'engager, avec tout ce que l'instinct de survie peut provoquer comme réactions diverses. Bon c'est décidé, demain je prends les escaliers en arrivant au boulot!

 

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Une flatulence dans un ascenseur et voilà le résultat...

 

Mais puisqu'on était en train de monter les étages d'un gratte-ciel, pourquoi ne pas en profiter pour poursuivre sur notre lancée en allant toujours plus haut? Embarquement immédiat pour un autre huis clos, cette fois au-dessus des nuages, dans l'avion de Panic Button qui emmène quatre heureux gagnants d'un concours vers New York. "Heureux" gagnants, vraiment? Pas sûr, car ils vont apprendre à leurs dépens pendant le vol qu'ils auraient beaucoup mieux fait de lire attentivement les "conditions générales" avant de faire n'importe quoi sur le net...

 

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Pour son deuxième film, Chris Crow livre une réflexion très pertinente sur les excès des réseaux sociaux, ou plutôt sur la manière dont certains accros s'en servent sans retenue, aux dépens de leur vie privée qui s'affiche sur l'immensité de la toile. Un scénario volontiers sadique va transformer le voyage d'agrément en cauchemar en plein ciel. L'atterrissage risque d'être brutal! Un bon thriller bien enlevé pour parachever de manière radicale le traitement des claustros évoqués plus haut.

 

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En plein 7e ciel... avant de plonger en enfer!

 

Olivier Clinckart

 

 

01:25 Écrit par les filmat dans Bifff 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.04.2012

Bifff 2012: Friedkin à Bruxelles

Après la visite de Terry Gilliam en ouverture, une autre très grosse pointure était attendue au 30e Bifff: William Friedkin himself -The Exorcist, The French Connection,... j'en passe et des meilleurs (ou moins meilleurs, c'est selon)- qui venait, cerise sur le gâteau, présenter son dernier film, Killer Joe.

 

 

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Friedkin face au public avant la projection

 

Pas de doute, le réalisateur a retrouvé la grande forme dans ce récit d'une famille complètement barge de l'Amérique profonde où le fiston, dealer à la petite semaine légèrement endetté, décide de se débarrasser de sa mère indigne pour toucher une assurance-vie bien juteuse qui lui permettrait de régler ses grosses factures impayées. Le reste du clan -père, soeur et belle-mère- ne tarde pas à adhérer à ce projet. Mais afin d'effectuer le travail sans laisser de traces compromettantes, il vaut mieux laisser la basse besogne à un professionnel. Et c'est là que Killer Joe entre en scène...

 

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Si vous aimez les récits où la morale triomphe, passez votre chemin, ou Killer Joe vous réglera votre compte! Flinguant à tout va le politiquement correct, Friedkin utilise au mieux un casting de premier choix dans ce film de genre qui fait preuve d'une ironie et d'un cynisme mordants, tout en s'attirant les foudres de la censure US pour des scènes qui ne sont pas les bienvenues du côté de l'Oncle Sam.

 

 

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Friedkin au Q&A après la projection

 

 

Mais si le scénario est brillant, l'autre coup de génie est d'avoir pu donner aux acteurs principaux des rôles à contre-emploi qui leur vont à merveille et dans lesquels ils sont tout bonnement irrésistibles. C'est ainsi que Mathew McConaughey se voit -enfin!!- débarrassé de l'éternelle image de beau gosse qui rendait bon nombre de ses rôles particulièrement mièvres, n'en déplaise aux spectatrices que le physique avantageux du comédien affolent.

 

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McConaughey en killer: le beau gosse devient un beau salaud, enfin!

 

Pourtant, McConaughey n'a pas eu besoin de s'enlaidir, mais en endossant la peau d'un flic qui arrondit ses fins de mois en exerçant un job complémentaire de tueur à gages, il incarne un personnage retors et sans pitié, qui passe en un clin d'oeil de la politesse la plus correcte à la violence la plus ignoble. Et qui ne se gêne pas pour prendre la jeune fille de la famille comme caution au cas où ses commanditaires ne parviendraient pas à le payer.

 

 

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"Petite soeur, Je connais ta peine et ta douleur..."

 

 

A ses côtés, Thomas Hayden Church -en paternel au Q.I. proche de la moquette de son baraquement- prouve à quel point il est un acteur injustement sous-employé (revoir le délicieux Sideways donne un autre aperçu de son talent). Gina Gershon excelle en belle-maman vénale et qui a visiblement tendance à avoir trop chaud, tandis que Emile Hirsch et Juno Temple, en frère et soeur qui ne se ressemblent pas vraiment, complètent un tableau savoureux dont le final est tout simplement grandiose. Du Friedkin en pleine maîtrise de son (7e) art!

 

 

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Une famille en or

 

Olivier Clinckart

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17.04.2012

Bifff 2012: les Aliens débarquent

Les extra-terrestres se suivent mais ne se ressemblent pas... C'est que l'univers est sacrément grand et tant mieux d'ailleurs, puisque ça permet à l'imagination fertile des scénaristes de concocter des tonnes d'histoires venues tout droit d'un autre monde.

 

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De là à dire que l'inspiration est toujours au rendez-vous... C'est ce qu'on a pu constater avec le décevant Extraterrestre, production espagnole de Nacho Vigalondo, dont le Timecrimes n'était pas passé inaperçu en 2007. Pourtant honoré par une projection à 20h, le film n'utilise la science-fiction que comme un énorme prétexte pour dérouler une histoire qui ne manque pas de faire sourire mais qui manque énormément de rythme. La menace extraterrestre reste en permanence en arrière-plan, l'essentiel du récit n'étant en fait qu'un huis-clos entre quatre personnages dont il se pourrait que l'un d'entre eux soit un méchant alien ayant pris forme humaine. Mais des créatures en question, on ne verra pas grand chose, à part un bout de vaisseau. Et donc le titre choisi n'est pas loin de sentir l'aimable imposture. A moins que les E.T. n'aient attendu la fin de la projection pour sortir de leur vaisseau?

 

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J'en connais qui aimeraient avoir l'adresse de l'extraterrestre (?) à droite!

 

Pas d'erreur possible par contre avec Iron Sky, archi-attendu par le public qui avait pris soin de remplir la salle à rabord pour une projection sold out comme ne les aiment pas les malheureux qui n'ont pas pu obtenir de ticket d'entrée. C'est que le pitch laissait présager un grand moment bifffesque: une colonie de nazis ayant fui la Terre suite à la défaite de 1945 a trouvé refuge sur la face cachée de la Lune! Mais les années passant, certains adorateurs de l'Oncle Adolf en ont ras-le-bol d'admirer le clair de Terre et décident de rentrer au bercail, du moins aux Etats-Unis dirigés par une Présidente qui fait furieusement penser à la (très) conservatrice Sarah Palin. Une coïncidence, sûrement...

 

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Une comédie de SF qui a fait führer !

 

Co-production germano-australo-américano-finlandaise très improbable, Iron Sky a largement répondu aux attentes des spectateurs qui lui ont réservé un triomphe. Pas étonnant puisqu'il contient tous les ingrédients du cinéma populaire de S.-F.: effets spéciaux bien travaillés, humour décapant, musique bien fignolée et quelques visages connus. Et l'histoire ne se prive pas de tourner en dérision les aberrations de cette idéologie meurtrière que fut le nazisme, de même que l'ultra-conservatisme américain en prend également pour son grade. De là à risquer des parallèles dangereux?... Disons qu'il faut impérativement prendre la chose pour ce qu'elle est: un bon morceau de second degré à l'état pur qui ne vous fera plus regarder notre bon vieux satellite de la même manière à la nuit tombée.

 

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Un sinistre couple de bons Aryens

 

Olivier Clinckart

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15.04.2012

Bifff 2012: Troma, le retour

Vieil habitué du Bifff, Lloyd Kaufman était de retour pour fêter lui aussi la 30e édition du Festival. Après une Masterclass animée par ses soins l'après-midi, il montait sur scène à minuit pour y présenter la dernière folie tromesque en date, Father's Day . Du grand n'importe quoi, évidemment, mais avec la griffe typique des séries Z à la grindhouse fabriquées par la célèbre maison et qui font régulièrement le grand bonheur du public de Tour & Taxis.

 

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Papa, avec Troma, ça va être ta fête!

 

Il faut dire que tout dans le film incite au bidonnage intégral: l'ignoble Fuchman (comme ça se prononce) est un horrible serial killer qui s'attaque surtout aux pères de famille. Comme quoi, avoir des enfants ne réserve pas que des bonnes surprises! Heureusement, d'autres pères -mais de l'Eglise cette fois et donc pas pères de famille (vous suivez?)- vont venir à la rescousse pour mettre le tueur hors d'état de sévir. De bons effets gore, une pincée d'érotisme, un scénario complètement tordu, un montage foutraque,...: bref, un Troma certifié 100% conforme! Et une projection suivie par un Q&A en présence de Lloyd Kaufman toujours aussi motivé et disponible. Vivement sa prochaine visite!

 

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Lloyd Kaufman, fidèle au Bifff et plus en forme que jamais

 

Heureusement d'ailleurs que la soirée s'est terminée par ce Father's Day démentiel, les deux autres films projetés ce soir-là n'étant guère emballants. Ainsi, le Tormented 3D de Takashi Shimizu ne méritait assurément pas les honneurs du 20h. Le réalisateur de Marebito (Grand Prix en 2005) et par ailleurs membre du jury international en 2010 n'a en effet pas visé très juste en revisitant le grand classique de Chantal Goya "Ce matin, un lapin a tué un chasseur". Sauf qu'ici c'était plutôt: "Ce soir un lapin a tué un spectateur (d'ennui)". Et ce n'est hélas pas la 3D qui a ajouté beaucoup de relief à cette nipponnerie hallucinante dans laquelle Daigo, un garçonnet, est poursuivi par un immense lapin en peluche après avoir quelques temps plus tôt abrégé les souffrances d'un autre lapinou -bien réel celui-là- qui n'était pas en très bon état. Comme quoi, faites du bien à un lapin, il vous crachera dans la main!

 

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Shimizu: l'eusse-tu cru que ce nanar fut là peint?

 

La comédie d'espionnage qui a suivi ne manquait pas de bonnes idées mais souffrait d'un gros manque de rythme. Eliminate: Archie Cookson fait preuve en effet d'un humour british très savoureux et dresse une galerie de personnages délicieusement décalés, dont le héros est un fonctionnaire désabusé du M.I. 6 très très éloigné du charisme et de l'invincibilité de certains bon(d)s agents secrets de Sa Grâcieuse Majesté, si vous voyez de qui je veux parler... Dommage que ce scénario intéressant peine constamment à décoller à cause de la mise en scène ronronnante de Robin Holder qui donne l'impression d'avoir tourné son film en plein five o'clock tea.

 

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Archie Cookson: un agent de sa Majesté très zéro zéro mais pas très sept

 

Un des films de la soirée du lendemain était nettement plus percutant. Bloodwork (rien à voir avec le Blood Work d'Eastwood), de Eric Wostenberg, jette un fameux pavé dans la mare de l'industrie phamaceutique avec un récit qui ne vous fera plus jamais voir votre tube d'aspirine de la même manière. Pour arrondir leurs fins de mois, deux potes acceptent de passer deux semaines enfermés avec d'autres cobayes pour tester un nouveau médicament miracle. Sauf que le miracle va peu à peu se transformer en cauchemar lorsque le traitement à première vue formidable va montrer ses effets pervers.

 

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Quand le médica.. ment

 

Ce thriller de très bonne qualité développe une horreur progressive et offre de nombreuses scènes visuellement écoeurantes à souhait. Un conseil d'ailleurs avant de consommer ce film: évitez le plat de spaghettis ou le bon steak saignant, vous risqueriez de mal digérer pendant la séance. Après la projection par contre, aucun danger: vous n'aurez de toute façon plus faim! Quoi qu'il en soit, la réflexion ne manque pas d'à-propos à une époque où la surmédicamentation connaît de beaux jours.

 

Olivier Clinckart

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13.04.2012

Bifff 2012: Un Vendredi 13 qui promet d'être saignant!

Un petit emprunt au site du Bifff pour annoncer LE grand événement de ce vendredi 13: le fameux, l'unique, l'irremplaçable Bal des Vampires, où zombies, sbires du comte Dracula et autres créatures étranges et inquiétantes vont passer une nuit mémorable!

 

27e Bal des Vampires

Vendredi 13 avril

1st Prize 2011

1st Prize 2011

Tout le monde connaît la vieille légende de ce joueur de flûte de Hamelin qui hypnotisait les enfants par sa mélodie pour aller boire la tasse dans la rivière. Hé bien, sachez que cela va faire 27 ans que ce n’est plus une légende. Certes, nous avons modifié cette gigue médiévale car un homme jouant du pipeau pour attirer des enfants n’est pas à proprement parler une image d’Epinal dans notre plat pays, mais le principe reste rigoureusement le même : les hypnotiseurs sataniques se nomment DJ Raven, DJ Volkan et DJ O, ils ont troqué le bout de bois contre les platines et attirent chaque année des milliers de personnes prêtes non pas à se noyer mais à mouiller le maillot jusqu’aux petites heures. Cet événement unique, dont la seule évocation du nom fait frissonner de plaisir la faune de la capitale, n’est autre que le 27e Bal des Vampires du BIFFF…

Vidéos live : 24 Frames et Ko Ax
Décors et installations : Dom’s Dister et Manufactor

  • Vendredi 13 avril

  • Ouverture des portes : 23h – Fermeture du caveau : 7h (il vaut mieux regagner son cercueil avant le lever du jour…)

 

 

 

 

 

 

 

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12.04.2012

Bifff 2012: Les femmes à l'honneur

Alex De La Iglesia, grand habitué du Bifff, était attendu cette année pour venir présenter son dernier film La Chispa de la vida (As luck would have it). Poisson d'avril avec une semaine de retard? Toujours est-il que le cinéaste n'est finalement pas venu. Il avait pourtant des choses à se faire pardonner, el Senor Alex! Car son long métrage précédent - Balada triste de trompeta - présenté au Bifff en sa présence l'an dernier avait terriblement décontenancé (pour ne pas dire déçu) les inconditionnels du maître. Ce récit très hermétique pour les non familiers de la Guerre Civile d'Espagne peinait par ailleurs constamment à trouver son style, valsant d'un genre à l'autre sans grande réussite et bien loin de la marque de fabrique de son réalisateur.

 

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Soulagement donc après la vision de La chispa de la vida : même si De La Iglesia n'a pas encore retrouvé le mordant qui était le sien et qui fit merveille dans des perles telles que Perdida Durango , Le crime farpait , Mes chers voisins ou encore 800 balles , il parvient toutefois à dresser un portrait cinglant des médias et de leur course effrénée à toujours plus d'audience. Son héros -un publicitaire en déclin- trouve le moyen de tirer parti de l'accident dont il est victime sur un chantier (une tige de fer coincée dans le crâne, c'est tout de même autre chose qu'une entorse!) en cherchant à médiatiser son drame en voulant vendre son histoire au plus offrant. Jolie réflexion sur certains phénomènes de notre belle société - vous avez dit téléréalité?- le film permet en outre d'apprécier Salma Hayek dans un rôle tout en sobriété et très convaincant. A noter aussi la (trop) courte apparition de Santiago Segura (le fameux flic ripoux Torrente , pour tous ceux qui ne connaissent pas encore cette saga cinématographique hilrante et totalement politiquement incorrecte à découvrir absolument!).

 

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Autre film brut de décoffrage: The Woman , de Lucky McKee. Ceux qui se souviennent du terrifiant Martyrs auront une idée de ce qu'est The woman, même si ce dernier est tout de même graphiquement beaucoup moins dur que le premier. L'idée reste toutefois la même: démontrer que la véritable horreur quotidienne n'est pas uniquement à la télé ou réservée à des horizons lointains, mais qu'elle se terre au contraire dans les familles en apparence des plus ordinaires (le fameux principe du "On n'aurait jamais cru ça d'eux!"). Ajoutez à cela une réflexion très particulière sur l'image de la femme et les conceptions très machistes qui perdurent un peu partout et cela donne une histoire redoutablement mise en scène et servie par des comédiens tous très inspirés. Rien de tel pour susciter un franc malaise, mais le but est justement -au-delà des scènes très dures- de bousculer les esprits. Mission largement accomplie pour Lucky Mc Kee!

 

 

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Polyanna McIntosh, excellente dans The woman: cherchez la femme!

 

Même sensation pour The whistleblower , qui -et c'est significatif- aura eu droit à un public globalement très silencieux, alors que les spectateurs du Bifff participent habituellement de façon très sonore aux projections. Là aussi, c'est l'exploitation de la femme qui est mise en avant dans un thriller glaçant situé dans la Bosnie sinistrée de l'après guerre en ex-Yougoslavie. Un trafic particulièrement odieux d'êtres humains implique des membres des forces de maintien de la paix. Une femme -héroïne solitaire- va s'efforcer de dénoncer le scandale, avec tous les bâtons dans les roues sur lesquels elle va devoir trébucher. Quand on sait que le récit est inspiré de faits réels, on ne peut qu'être pantois face à l'horreur décrite ici avec beaucoup d'efficacité par Larysa Kondracki, dont le premier film est une belle réussite et bénéficie d'un casting féminin de premier choix: Rachel Weisz, Monica Bellucci et Vanessa Redgrave, excusez du peu!

 

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10.04.2012

Bifff 2012: Un Joyeux samedi de Pâques

Alors que les cloches de Pâques distribuaient les oeufs en chocolat, le Bifff a, de son côté, distribué des films pendant tout le long weekend pascal.

 

Et c'est tout d'abord le Collectifff 2012 qui a entamé les hostilités samedi après-midi: une dizaine de courts-métrages dont le seul objectif est de rendre hommage au Bifff pour sa 30e édition, que ce soit par exemple en mettant les figures emblématiques ou les lieux saints du Festival en vedette. Ainsi, pour n'en citer qu'un, le joyeux L'enfer du décor de Jonathan Lenaerts a une pensée émue pour les nombreux bénévoles, chevilles ouvrières du Bifff, dans une énorme private joke où les organisateurs forment un casting délirant.

 

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Les habitués du Bifff auront déjà vu cette tête d'assassin quelque part

 

Pas panique pour ceux ayant raté cette intégrale du Collectifff...ou pour les acharnés qui en redemandent: une capsule est projetée chaque soir au début de la séance de 20h.

 

Au rayon longs-métrages, The Butterfly Room, de Jonathan Zarantonello, mettait en vedette une des invitées d'honneur du Festival, Barbara Steele -Le masque du démon, 8 1/2, Piranhas - en personne, qui campe une collectionneuse de papillons visiblement pas trop bien dans sa tête, comme pourront s'en rendre compte les quelques visiteurs ayant la mauvaise idée de lui rendre visite.  Un honnête thriller à qui la prestation effrayante de l'actrice doit beaucoup.

 

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Barbara Steele: "Viens ici, gentil petit papillon!"

 

Qui dit "Europacorp" dit "Luc Besson". Lequel produit et co-écrit Lockout, un gros morceau de SF qui envoie son héros se balader en orbite. Mais si s'envoyer en l'air a parfois de très bons côtés, le voyage n'a ici rien de la partie de plaisir: c'est en effet une prison spatiale qui sert de décor majeur à l'intrigue, où une bande de pensionnaires des lieux a une furieuse envie d'évasion.

Il y avait de quoi nourrir les craintes les plus sérieuses en sachant que le précité Luc était de l'aventure, au vu de quelques-unes de ses productions qui ne font pas dans la grande finesse. De fait, le début du film confirme ces angoisses, tant l'image hyper speedée procure des palpitations et le scénario frôle le ridicule avec ses personnages stéréotypés à l'extrême. Et voir Guy Pearce se compromettre dans cette histoire fait de la peine, tant l'excellent interprète de Memento et L.A. Confidential alterne depuis quelques années le bon et le beaucoup moins fameux.

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Mais preuve qu'il ne faut jamais quitter la salle avant la fin, le récit, en se recentrant peu à peu sur Guy et sa charmante acolyte Maggie Grace (avec un nom pareil, forcément!), acquiert un second degré qui permet, entre deux dialogues savoureux, de mieux rentrer dans l'intrigue et de se surprendre à passer un bon moment. Ca ne vole pas toujours très haut, malgré la haute altitude, mais le public, lui, n'a pas boudé son plaisir.

 

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Une joyeuse bande de pensionnaires en orbite dans la prison spatiale de Lockout

 

Truth or dare, projeté en 2e partie de soirée, donnait dans un registre radicalement différent mais bougrement efficace: une bande de potes se retrouvent conviés à une soirée d'anniversaire par le souffre-douleur du lycée. Mais la petite fête entre amis ne va pas tourner exactement comme prévu. Pas de slasher en vue, malgré ce que le pitch laisse penser, mais une variante bien fichue du jeu Gage ou Vérité dans lequel les participants vont apprendre à leurs dépens qu'il ne faut jamais se moquer des plus faibles que soi. Une production britannique concoctée avec un réel savoir-faire par Robert Heath qui joue allègrement avec les codes du genre et qui, entre deux scènes gratinées, joue également très habilement avec les nerfs des personnages. Une excellente surprise pour bien terminer la soirée.

 

 

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Gage ou Vérité? Sans mentir, ça va saigner!

16:43 Écrit par les filmat dans Bifff 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Bifff 2012: Terry Gilliam Chevalier de l'Ordre du Corbeau

Une vidéo amateur de l'adoubement de Terry Gilliam nommé Chevalier du prestigieux Ordre du Corbeau...

http://www.youtube.com/watch?v=-t1iKEQUZlk

 

 

15:31 Écrit par les filmat dans Bifff 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

07.04.2012

Bifff 2012: The Divide de Xavier Gens

Vu le patronyme de Xavier, on pourrait croire que ses films racontent des ballades de "Gens" heureux... Mais c'est plutôt tout le contraire, et il était venu en faire une démonstration éclatante au Bifff 2008 avec son Frontière(s) qui avait fait forte impression et était reparti de l'autre côté de la... frontière avec le Méliès d'Argent en poche.

 

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Les âmes torturées, il s'y connaît donc. Preuve à l'appui avec ce nouveau long métrage présenté ce vendredi 6 aux spectateurs: The Divide donne dans le registre post-apocalyptique et se veut une nouvelle réflexion dérangeante sur la condition humaine et l'instinct de survie qui peut pousser aux pires extrémités. Pas franchement optimiste sur ses congénères, Gens mitonne un huis clos de derrière les fagots dans lequel des survivants à ce qu'on suppose être un petit feu d'artifice nucléaire vont devoir apprendre à gérer le temps qu'ils sont forcés de passer en commun. Sauf que les jours passant, l'état d'esprit général ne va pas vraiment tourner à la franche camaraderie...

 

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Xavier Gens (au centre) pendant le Q&A après la projection

 

Si The Divide ne présente sans doute pas un aspect aussi percutant dans la violence que Frontière(s) et que le sujet n'est pas des plus originaux, la mise en scène connaît une évolution crescendo qui dément les craintes initiales de voir le film s'enliser dans des séquences répétitives entre quatre murs (l'espace réduit pouvant parfois s'avérer être un frein à l'action en cas de panne d'imagination du scénariste).

Et tout comme dans Frontière(s) où Estelle Lefébure (ex-Hallyday ex-Arthur) y jouait crânement un rôle totalement à contre-emploi, c'est ici Rosanna Arquette qui donne de sa personne -au propre comme au figuré- pour pimenter une histoire déjà pas piquée des vers.

17:17 Écrit par les filmat dans Bifff 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.04.2012

Bifff 2012: c'est reparti pour un (grand) tour!

Ils sont venus, ils sont tous là! "Ils"? Ben les centaines de mordus qui ont rempli les travées du Bifff pour la soirée d'ouverture, bien sûr!

 

Une soirée sold-out pour laquelle les malheureux qui n'avaient pas eu la bonne idée de s'y prendre à temps se sont retrouvés sans ticket, n'ayant plus que des larmes de sang pour pleurer devant l'entrée se refusant à eux!

 

 

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C'est que ce jeudi 6 avril, l'organisation avait convié du beau monde. Barbara Steele tout d'abord, icône des films d'épouvante des années 60, mais aussi un certain Terry 'Monty' Gilliam, venu finalement sans son Armée des 12 singes -ils ont droit à leurs vacances de Pâques comme tout le monde, non?- mais avec son dernier court-métrage sous le bras. Adoubé Chevalier de l'Ordre du Corbeau devant la foule en délire, le cinéaste a ensuite pris le temps -après la diffusion du film d'ouverture- de passer un (très) long moment avec ses fans pour leur accorder une photo ou un autographe... ou les deux pour les plus exigeants!...

 

 

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Terry Gilliam à droite (et le 13e singe de l'Armée à gauche?)

 

 

Mais quid de cette première soirée? Hormis la présence de Terry et Barbara, sans oublier une intervention vidéo surprise du très grand John Carpenter pour souhaiter un Bon Annifff au 30e Bifff, on peut regretter la relative simplicité de cette cérémonie d'ouverture, qui offrait autrefois en guise de prologue un petit spectacle en général fort bien fignolé par, entre autres, les gens du Magic Land Theatre. Alors oui, évidemment, à notre âge (la quarantaine) on sait que c'était toujours mieux avant et que le bon vieux temps de l'horreur n'est plus ce qu'il était et patatifff et patatafff... Mais on n'a pas tous les jours 30 Bifff, bon sang!... Question de budget sans doute, tant il est vrai que l'argent, s'il n'a pas d'odeur, reste plus que jamais le nerf de la guerre pour financer un Festival aussi considérable que celui-là. Et crise oblige, le Bifff doit se battre pour trouver les fonds suffisants et ne pas jeter les sous par les fenêtres de Tour & Taxis.

 

Si The Wholly Family, le court de Terry Gilliam, n'est pas d'une originalité folle, on y retrouve toutefois l'univers créatif du cinéaste qui y livre une nouvelle fois un bel exemple de son imagination débordante. Petite incursion transalpine du côté de Napoli, le film a décroché l'European Film Awards du Meilleur Court 2011.

 

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The Wholly Family: Une ville trop Napoli(e) pour être honnête

 

The Raven a ensuite embrayé avec une fausse histoire vraie comme on les aime: celle du célèbre écrivain Edgar Allan Poe, dont la courte vie tourmentée et la mort pas trop claire fournissent un point de départ idéal pour un récit plein de mystère. Mission en partie accomplie avec ce thriller plutôt bien ficelé dans lequel un serial killer, qui a visiblement de bonnes connaissances littéraires, s'amuse à revisiter les récits de Poe -où on meurt souvent de façon violente- sur de la matière vivante. Ce qui ne fait évidemment pas plaisir aux victimes, à la police, et encore moins à Edgar, surtout lorsque sa fiancée devient à son tour la cible du vilain recopieur.

 

 

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The Raven: "Sale corbeau, j'aurai ta Poe!"

 

James McTeigue -qui cria superbement "V for Vendetta" dans les salles en 2005, ne retrouve pas vraiment la flamboyance du titre précité, son film souffrant d'un montage un peu erratique par moments et d'un dénouement pas trop difficile à deviner si on aime jouer aux Sherlock Holmes amateurs. L'ambiance d'époque est toutefois bien reconstituée, et le scénario navigue habilement entre les détails réels et imaginaires de la vie d'Allan Poe. Lequel a ici les traits de John Cusack.

 

Il ne restait plus après la projection qu'à se ruer vers le bar où le Festival offrait généreusement de larges rasades de quelques délicieux breuvages fruités pour célébrer dignement et en grandes pompes (à bière, forcément) le début des festivités.

 

Et ce vendredi 6 avril, le Bifff reprend son rythme de croisière avec son principe quotidien de "5 films par jour, en forme (de zombie?) toujours!"

16:01 Écrit par les filmat dans Bifff 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.04.2012

Bifff 2012: They're back!

C'est ce soir que le Bifff ouvre ses portes, comme chaque année à pareille période.

 

A part que cette année ne sera pas tout à fait comme les autres années: le Festival du Fantastique de Bruxelles célèbre en effet sa 30e édition!

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Et pour commencer les festivités en beauté, autant frapper fort d'emblée: c'est Terry Gilliam himself -et peut-être accompagné de son Armée des 12 singes ?- qui viendra présenter son dernier court-métrage, The wholly family, avant que le premier long-métrage de la quinzaine -The raven- ne provoque les cris et hurlements d'un public qui, on l'espère, sera conquis par cette ouverture en fanfare.

 

Et pour tout savoir du programme sanguinolant qui attend les intrépides visiteurs du site de Tour & Taxis à Bruxelles, voici le lien vers le beau site du Festival...

 

http://www.festivalfantastique.org/festival/

 

Encore quelques heures de patience... Tic tac tic tac tic tac...

 

17:07 Écrit par les filmat dans Bifff 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26.02.2011

Palmarès César 2011

Voilà ci-dessous le palmarès des 36e César...

Un palmarès en grande partie logique et donc sans grande surprise, et remarquablement équilibré pour les principaux favoris: 3 statuettes pour Des hommes et des dieux, 3 pour Gainsbourg, vie héroïque, 4 pour The ghost writer...  Et une Cérémonie sans grande passion, hormis quelques bons moments, à l'image de l'intervention hilarante de notre compatriote François Damiens. A part ça, force est de constater que la présentation d'Antoine de Caunes n'arrive décidément pas à la hauteur des prestations de Valérie Lemercier. Reste à espérer que cette dernière revienne en 2012...

 

Meilleur film
Des Hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois

Autres nominés
L'Arnacoeur, de Pascal Chaumeil
Gainsbourg, vie héroïque, de Joann Sfar
Mammuth, de Benoît Delépine et Gustave Kervern
Le nom des gens, de Michel Leclerc
The Ghost Writer, de Roman Polanski
Tournée, de Mathieu Amalric

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Meilleur réalisateur
Roman Polanski, pour The Ghost Writer

Autres nominés

Mathieu Amalric, pour Tournée
Olivier Assayas, pour Carlos
Xavier Beauvois, pour Des Hommes et des Dieux
Bertrand Blier, pour Le bruit des glaçons

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Meilleur acteur
Eric Elmosnino, pour Gainsbourg, vie héroïque

Autres nominés
Gérard Depardieu, pour Mammuth
Romain Duris, pour L'Arnacoeur
Jacques Gamblin, pour Le nom des gens
Lambert Wilson, pour Des Hommes et des Dieux

 

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Meilleure actrice
Sara Forestier, pour Le nom des gens

Autres nominées
Isabelle Carré, pour Les Emotifs Anonymes
Catherine Deneuve, pour Potiche
Charlotte Gainsbourg, pour L'arbre
Kristin Scott Thomas, pour Elle s'appelait Sarah

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Meilleur acteur dans un second rôle
Michael Lonsdale, pour Des Hommes et des Dieux

Autres nominés
Niels Arestrup, pour L'homme qui voulait vivre sa vie
François Damiens, pour L'arnacoeur
Gilles Lellouche, pour Les Petits Mouchoirs
Olivier Rabourdin, pour Des Hommes et des Dieux

 

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Meilleure actrice dans un second rôle
Anne Alvaro, pour Le bruit des glaçons

Autres nominées
Valérie Bonneton, pour Les Petits mouchoirs
Laetitia Casta, pour Gainsbourg, vie héroïque
Julie Ferrier, dans L'arnacoeur
Karin Viard, pour Potiche

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Meilleur espoir masculin
Edgar Ramirez, pour Carlos

Autres nominés
Arthur Dupont, pour Bus Palladium
Grégoire Leprince-Ringuet, pour La princesse de Montpensier
Pio Marmaï, pour D'amour et d'eau fraîche
Raphaël Personnaz, pour La princesse de Montpensier

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Meilleur espoir féminin
Leïla Bekhti, pour Tout ce qui brille

Autres nominées
Anaïs Demoustier, pour D'amour et d'eau fraîche
Audrey Lamy, pour Tout ce qui brille
Léa Seydoux, pour Belle Epine
Yahima Torrès, pour Venus Noire

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Meilleur premier film
Gainsbourg, vie héroïque, de Joann Sfar

L'arnacoeur, de Pascal Chaumeil
Simon Werner a disparu, de Fabrice Gobert
Tête de turc, de Pascal Elbé
Tout ce qui brille, de Géraldine Nakache et Hervé Mimran

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Meilleur scénario original
Baya Kasmi et Michel Leclerc, pour Le nom des gens

Autres nominés
Mathieu Amalric, Philippe Di Folco, Marcelo Novais Teles, Raphaëlle Valbrune, pour Tournée
Bertrand Blier, pour Le bruit des glaçons
Etienne Comar et Xavier Beauvois, pour Des Hommes et des Dieux
Benoît Delépine et Gustave Kervern, pour Mammuth

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Meilleure adaptation
Roman Polanski et Robert Harris, pour The Ghost Writer

Autres nominés
Julie Bertuccelli, pour L'Arbre
Jean Cosmos, François-Olivier Rousseau et Bertrand Tavernier, pour La princesse de Montpensier
Eric Lartigau et Laurent de Bartillat, pour L'homme qui voulait vivre sa vie
François Ozon, pour Potiche

Meilleure musique écrite pour un film
Alexandre Desplats, pour The Ghost Writer

Autres nominés
Bruno Coulais, pour Océans
Grégoire Hetzel, pour L'Arbre
Delphine Mantoulet et Tony Gatlif, pour Liberté
Yarol Poupaud, pour Bus Palladium
Philippe Sarde, pour La princesse de Montpensier

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Meilleurs décors
Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec

Autres nominés
Des Hommes et des Dieux
La Princesse de Montpensier
The Ghost Writer
Gainsbourg, vie héroïque

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Meilleurs costumes
La Princesse de Montpensier

Autres nominés
Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec
Potiche
Tournée
Des Hommes et des Dieux

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Meilleur montage
The Ghost Writer

Autres nominés
Carlos
Tournée
Des Hommes et des Dieux
Gainsbourg, vie héroïque

Meilleure photo
Des Hommes et des Dieux

Autres nominés
Tournée
The Ghost Writer
La princesse de Montpensier
Gainsbourg, vie héroïque
 

Meilleur son
Gainsbourg, vie héroïque

Autres nominés
Océans
The Ghost Writer
Des Hommes et des Dieux
Tournée

Meilleur film documentaire
Océans, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

Autres nominés
Benda Bilili !, de Florent de la Tullaye et Renaud Barret
Cleveland contre Wall Street, de Jean-Stéphane Bron
Entre nos mains, de Mariana Otero
Yves Saint Laurent, Pierre Bergé - L'amour fou, de Pierre Thoretton

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Meilleur film d'animation
L'illusionniste, de Sylvain Chomet

Autres nominés
Arthur 3, la guerre des deux mondes, de Luc Besson
L'homme à la Gordini, de Jean-Christophe Lie
Logorama, de François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain
Une vie de chat, de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol

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Meilleur court-métrage
Logorama, de François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain

Autres nominés
Monsieur l'abbé, de Blandine Lenoir
Petit tailleur, de Louis Garrel
Un transport en commun, de Dyana Gaye
Une pute et un poussin, de Clément Michel

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Meilleur Film étranger
The Social Network, de David Fincher

Autres nominés
Les amours imaginaires, de Xavier Dolan
Bright Star, de Jane Campion
Dans ses yeux, de Juan José Campanella
Illégal, d'Olivier Masset-Depasse
Inception, de Christopher Nolan
Invictus, de Clint Eastwood

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César d'honneur
Quentin Tarantino, remis par Diane Kruger et Christoph Waltz

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23.01.2011

L'intégrale Louis de Funès

DE FUNES DE A à Z

Contrairement à ce que son titre laisse penser, L'intégrale Louis de Funès n'est pas un pack DVD reprenant tous les films du célèbre comédien. Il en faudrait d'ailleurs un fameux, de pack: l'hilarant Fufu a tourné dans pas moins de 150 films, dont les 2/3 dans des seconds rôles ou de simples figurations.

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Plutôt que d'intégrale, c'est donc surtout de dictionnaire qu'il convient de parler. Marc Lemonier aborde en effet le sujet de A à Z, en truffant son ouvrage d'une foule d'anecdotes retraçant la vie et la carrière du génial comique. La liste alphabétique de son impressionnante filmographie cotoie donc quantité d'autres détails (acteurs et réalisateurs ayant travaillé avec de Funès, noms de ses personnages, lieux de tournage, etc...), formant un ensemble des plus fournis.

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Difficile toutefois de parler d'exhaustivité: Fufu a tellement accumulé tournages, pièces de théâtre, doublage, publicités, ..., qu'on continue encore à (re)découvrir régulièrement l'un ou l'autre film ou document attestant de sa participation dans telle ou telle oeuvre. Il n'empêche: malgré ses quelques coquilles, l'ouvrage servira d'ouvrage de référence pour les innombrables fans du gendarme parti pour une dernière balade le 27 janvier 1983.

Olivier Clinckart

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22.01.2011

Another Year

ANOTHER YEAR: UNE BONNE ANNEE

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Tom et Gerri forment un ménage qui n'a rien d'un dessin animé, contrairement à ce que pourrait laisser penser l'association de leurs prénoms... Ce couple de sexagénaires londonions vit un petit bonheur tranquille, au gré des saisons et des visites de leur fils et de leurs amis proches. Parmi ces derniers, Mary est loin de partager la même quiétude. La cinquantaine entamée, elle dissimule tant bien que mal sa solitude derrière un caractère exubérant et un léger penchant pour l'alcool...

Si Mike Leigh avait remporté la Palme d'Or à Cannes en 1996 avec Secrets et mensonges, il est cette fois reparti bredouille du Festival 2010, et c'est, à vrai dire, assez incompréhensible, pour ne pas dire scandaleux. Car le réalisateur n'a décidément pas son pareil pour raconter le quotidien d'êtres humains d'apparence banale, dans une mise en scène qui pourrait très vite s'avérer profondément ennuyeuse sans ce subtil équilibre que le cinéaste parvient à chaque fois à insuffler à ses films.

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Lesley Manville (au centre): Mary (veut briser sa solitude) à tout prix

Cette nouvelle chronique, étalée sur une année entière, n'est pas un conte des quatre saisons mais plutôt un récit de la vie ordinaire, avec ses joies, ses peines, et des personnages auxquels chacun d'entre nous pourra s'identifier à un moment ou à un autre. Une identification rendue possible par le grand talent de portraitiste de Mike Leigh d'une part, et par la formidable interprétation des acteurs d'autre part. Au sommet de ceux-ci, Lesley Manville (Mary) crève l'écran en quinquagénaire paumée qui voit avec effroi -mais sans arriver à l'exprimer de façon salutaire- le temps passer et la solitude s'incruster. Avec en toile de fond la sensation obsédante d'avoir raté sa vie, sensation d'autant plus renforcée par l'expression de plénitude familiale affichée par Tom et Gerri. Cette image de la réussite, à laquelle elle n'a pas su accéder, Mary y est accro comme à sa bouteille de rouge: elle ne peut s'en défaire même si, de toute évidence, ça ne lui rend pas vraiment service.

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Ruth Sheen & Jim Broadbent: un bonheur (trop?) tranquille

Dans cette optique, le duo Tom & Gerri prend une tournure étonnante dans la deuxième moitié du film.  Toute la sympathie qu'on ressent pour le couple dans la première partie se dissipe peu à peu: autant leur sens de l'écoute peut paraître admirable de prime abord, autant leur immobilisme devient exaspérant ensuite. Voilà en effet un homme et une femme ayant globalement atteint un équilibre de vie, mais dont le "sale petit bonheur" reste fortement hermétique au désespoir affiché de façon de plus en plus prononcée par Mary. Or, le rôle des amis n'est-il pas justement, au-delà de l'écoute, de savoir adopter une certaine retenue et tenter de conseiller un proche en souffrance? Cet aspect-là ne vient que bien tard de la part de Gerri, pourtant psychologue de profession... Et d'autres séquences du film (une altercation entre Tom et son neveu, vite étouffée par Gerri), conforte cette sensation d'ultra-protection derrière laquelle le couple se retranche...

Remarquable renversement de tendance donc, qui consiste à rendre insupportables des personnages qui avaient pourtant si belle allure. Et superbe réflexion sur la vie également, qui nous renvoie à nos propres craintes et notre vécu. Comédie douce-amère envoûtante, Another est assurément une excellente année concotée par Mike Leigh.

Olivier Clinckart

 

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11.12.2010

Harry Potter et les reliques de la mort -1e partie

 

Harry, le magicien qui nous veut du bien, poursuit le terrible combat qui l'oppose à Voldemort, après que le brave Professeur Dumbledore ait rendu l'âme à cause du Prince de Sang Mêlé... Pour vaincre le Seigneur des Ténèbres, Harry Potter et ses deux amis fidèles, Hermione et Ron, vont se mettre à la recherche des Horcruxes qui détiennent chacun une partie de l'âme de Voldemort, afin de les détruire.

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Il va bien falloir s'y habituer peu à peu: les aventures de Harry Potter touchent à leur fin, et on n'ose imaginer le désespoir qui va s'emparer des centaines de milliers de jeunes (et moins jeunes) fans lorsque sonnera le glas de cette étonnante saga étalée sur dix ans. C'est que au fil des épisodes, les spectateurs ont pu assister à un spectacle somme toute peu commun au cinéma: voir les héros d'un film grandir sous leurs yeux, en passant de l'enfance à l'âge adulte. Ce qui ne fait que renforcer encore un peu plus la sensation que Harry Potter/Daniel Radcliffe, Hermione Granger/Emma Watson et Ron Weasley/Rupert Grint font partie intégrante de la famille. Les quitter n'en sera donc que plus émouvant...

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Emma Watson, de plus en plus Hermi(gno)nne

 

Histoire de ménager nos émotions, les producteurs ont donc décidé de scinder cet ultime épisode en deux parties, afin de faire durer le plaisir. Les mauvaises langues diront (et elles n'auront pas tort) qu'il s'agit là d'une démarche purement commerciale censée faire résonner les tiroirs caisse avec deux très grosses recettes au lieu d'une, mais ne soyons pas mesquins: après tout, le public n'en redemande-t-il pas?

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Et un et deux et trois héros

D'ailleurs, contrairement à ce qu'on pouvait craindre, cette 1e partie des Reliques de la mort ne souffre pas de longueurs trop visibles. Le contenu des bouquins étant très riche, certains autres épisodes se voyaient justement contraints de condenser certaines parties du bouquin au maximum, avec à la clé une sensation de trop peu ou de manque de clarté. Rien de tel ici, l'intrigue se développant à un rythme régulier. Poursuivant son évolution dans les teintes sombres et une atmosphère bien plus angoissante que l'ambiance primesautière des débuts, le récit délaisse également Poudlard, entraînant les protagonistes dans une quête vers l'inconnu pleine de dangers. Les paysages qui défilent évoquent par moments la longue épopée des héros du Seigneur des anneaux. Le thème universel de la lutte du Bien contre le Mal s'applique il est vrai aussi bien à l'une qu'à l'autre de ces deux séries cinématographiques.

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Harry compte bien mener Voldemort à la baguette!

David Yates, aux commandes de son 3e Harry Potter, installe le suspense avec suffisamment d'habileté que pour nous rendre impatients de découvrir l'ultime volet attendu pour juillet 2011. D'ici là, il est conseillé de revisionner les dvd de tous les autres épisodes, afin de savourer pleinement les révélations et autres coups de théâtre (et de baguette magique) qui ne manqueront pas de pimenter le dénouement.

Olivier Clinckart

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30.11.2010

Irvin Kershner, la Force était avec lui

Autre décès à signaler, après celui de Leslie Nielsen: Irvin Kershner nous a quittés à l'âge de 87 ans.

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"Irvin qui?" se demanderont certains... Paradoxalement en effet, le nom de ce cinéaste reste assez méconnu du grand public... alors qu'il a réalisé un des plus grands succès de toute l'histoire de la science-fiction! Car, et on l'oublie souvent, George Lucas n'a pas tourné lui-même tous les épisodes de sa fameuse saga intergalactique Star Wars. Ainsi, L'empire contre-attaque avait Kershner aux commandes, pour un épisode V qui, de l'avis de beaucoup, est le meilleur de la série, n'en déplaise à Lucas.

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Kershner, il est vrai, avait été pour le moins surpris de se voir choisi pour diriger L'empire contre-attaque, alors que plein de jeunes loups se bousculaient au portillon. Un étonnement dont il fit part à Lucas, ce à quoi celui-ci lui répondit: "Tu connais tout ce qu'un réalisateur de Hollywood doit connaître... mais tu n'es pas de Hollywood!". Sacré compliment quand on sait l'indépendance farouche vis-à-vis des grands studios à laquelle Lucas a toujours tenu comme à la prunelle de ses yeux.

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Hormis sa contribution ô combien bénéfique aux aventures de Luke Skywalker et de son vilain paternel du côté obscur, Kershner présente également une autre particularité: celle d'avoir tourné un James Bond... qui n'est pas officiellement un James Bond! A savoir Jamais, plus jamais au titre évocateur, puisqu'il voit Sean Connery réutiliser une ultime fois son permis de tuer dans un épisode "parallèle" de la célèbre franchise. En effet, en 1983, Roger Moore était devenu le 007 attitré de Sa Majesté et de la société Eon Productions détentrice des droits, et ce Jamais, plus  jamais - par ailleurs remake de Opération Tonnerre- n'est donc pas considéré comme un "vrai" Bond, même s'il en a toutes les apparences.

Et c'est donc à l'âge vénérable de 87 ans que, à son tour, Irvin Kershner nous a dit Jamais, plus jamais...

Olivier Clinckart

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Y a-t-il un flic au Paradis?

Sale journée pour nos zygomatiques, ainsi que pour revenir sur ce blog après 6 mois d'absence...

C'est que l'hilarant détective Frank Drebin est parti pour sa dernière mission, histoire de voir si le Grand Réalisateur se marre autant que nous devant ses gags délirants qui ont enchanté des millions de spectateurs...

Leslie Nielsen n'a pourtant pas toujours été un acteur comique, que du contraire. Acteur de second plan dans quantité de séries télé des années 50 et 60 (Le fugitif, Les mystères de l'ouest, Alfred Hitchcock présente, Peyton Place, Bonanza, etc...), il tient un rôle de choix dans Planète interdite, son deuxième long-métrage et un film devenu depuis un classique de science-fiction.

 

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Tout au long des années 70, la tendance se poursuivra, l'acteur enchaînant les apparitions dans les séries télé en vogue de l'époque: Columbo, La croisière s'amuse, Cannon, Hawaï police d'état, etc..., mais sans véritablement occuper le devant de la scène. La cinquantaine bien entamée, il n'attendait sans doute plus grand-chose de la carrière honnête qu'il menait, jusqu'à ce que le trio ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker) ne vienne à lui pour lui proposer un rôle dans un film au scénario assez farfelu, Airplane! (Y a-t-il un pilote dans l'avion?).

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Contre toute attente, ce pastiche délirant des films catastrophe fait un triomphe et Leslie Nielsen passera à la postérité en acquérant aussitôt une énorme aura de sympathie qui ne le quittera plus jamais auprès du public. La suite de sa carrière se déroulera d'ailleurs sur le même mode, celui de la dérision qui visiblement lui allait comme un gant.

La preuve en sera donnée en 1982, toujours grâce aux frères Zucker et Jim Abrahams, qui lancent une série télé éphémère mais devenue ô combien cultissime par la suite: Police Squad! Si le show n'est pas reconduit, les six épisodes donneront naissance quelques années plus tard à la trilogie des Naked Gun (Y a-t-il un flic...) à la numération tout aussi absurde -The Naked Gun 2 1/2, The Naked Gun 33 1/3- que les gags foisonnant dans le récit. Un festival de jeux de mots et de situations visuelles tordantes dont on ne se lasse toujours pas au fil des visions...

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Revers de la médaille, à force d'être catalagué dans le même registre de la loufoquerie, Leslie Nielsen accumulera un certain nombre de daubes vers la fin de sa vie. C'est que n'est pas ZAZ qui veut: le domaine de la parodie n'est pas à prendre à la légère, ce que beaucoup de scénaristes semblent ignorer. Mais qu'importe: le lieutenant Frank Drebin avait définitivement gagné ses galons auprès des spectateurs; sa retraite éternelle nous attriste d'autant plus.

Olivier Clinckart

 

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09.05.2010

Bifff 2010: 3e bilan

LE BIFFF QU'ON KIFFFE

 

Comme promis la dernière fois, voici un aperçu de quelques bonnes surprises (pas toutes hélas, votre serviteur n'ayant pas tout vu) visionnées au Bifff, comme quoi le Festival ne cultive pas que les navets, bien au contraire!

Si ce dernier présente régulièrement des avant-premières européennes voire même mondiales (excusez du peu!), il met tout de même aussi à l'affiche l'un ou l'autre titre sorti depuis belle lurette dans son pays d'origine. Ainsi en est-il de Orphan, rebaptisé chez nous du son nom de sa charmante jeune héroïne, Esther. Réalisé par Jaume Collet-Serra, à qui on devait le House of Wax de 2005 (un remake plutôt bien fignolé), le film ressert un thème pas vraiment neuf: celui d'une gosse adoptée à qui on donnerait le bon dieu sans confession. Pas de chance pour les heureux parents: il s'avère très vite que la gamine n'est pas vraiment portée à faire joujou avec papa et maman et a de plus tendance à très légèrement s'énerver à la moindre contrariété. Du déjà vu, certes, mais la mise en scène rudiment bien fignolée et le twist final astucieux rendent l'ensemble convaincant.

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On peut en dire de même pour The crazies, histoire classique d'une petite localité dont les habitants perdent mystérieusement la boule après avoir bu de l'eau contaminée par une toxine. Si le titre vous est familier, c'est normal: il s'agit du remake d'un film du célèbre Romero. Mais Breck Eisner a suffisamment réadapté le thème au goût du jour pour le rendre plaisant à suivre, avec en prime quelques scènes assez sympathiques dans le genre.

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Uwe Boll, pour sa part, fait perdre la tête uniquement à son personnage principal dans Rampage, et c'est déjà pas mal, puisque le jeune homme en question va s'en aller joyeusement tirer sur tout ce qui bouge dans la petite ville où il réside. Chronique pas très ordinaire de la violence sous-jacente qui régit la société américaine, Rampage ne ménage pas le spectateur en lui réservant quelques scènes très dures (les gens abattus froidement par le tueur), mais aussi une séquence d'anthologie dans une salle de bingo qui vaut son pesant d'or. Résolument amoral, le film n'en est qu'un meilleur reflet d'une époque qui ne tourne décidément pas rond.

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Un petit entr'acte pour mentionner The door... non, non, pas "La poooorte!!!", gimmick chers aux fidèles du Festival, mais plutôt Die Tür dans sa langue d'origine, fort bon thriller surnaturel paraît-il, d'après les échos reçus par ceux qui ont eu la chance de le voir. Servi il est vrai par un Mads Mikkelsen qui n'est tout de même pas le premier venu et qui profite donc d'une porte ouverte pour voyager dans le temps, avec tous les paradoxes temporels que cela inclut.

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Cet intermède venant de se terminer, place au meilleur pour la fin...

Kick-Ass tout d'abord, joyeux délire qui comme son titre l'indique botte le cul aux conventions et nous présente un super-héros gringalet qui se croit investi de la mission de sauver le monde des vilains qui le peuplent. Autant dire qu'il a du boulot!... Mais il sera heureusement aidé dans son projet ambitieux par un père et sa fille qui ont eux aussi l'âme de rédempteurs invincibles... et qui sont plutôt bien entraînés pour accomplir leur mission. Si les agissements du trio offrent donc de quoi se gondoler, on écarquille également les mirettes en découvrant un Nicolas Cage (dans le rôle du père) hilarant dans ce contre-emploi qui lui sied à merveille et une Chloe Moretz épatante en jeune gamine qui n'a pas froid aux yeux dans son costume de Hit Girl. Sans oublier évidemment Mark Strong -au nom prédestiné- dans le rôle du grand Kick-Ass... Une parodie de comic hautement comique et un très bon choix des organisateurs du Festival qui ont proposé le film en guise de clôture, revenant ainsi à un spectacle 100 % pur Bifff qui faisait un peu défaut lors des deux dernières conclusions de la quinzaine fantastique.

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Un autre film 100 % pur Bifff mais aussi 100 % pur belge, c'était Vampires, de Vincent Lannoo... Et un des gros succès -mérité- du Festival! Un docu-fiction dans lequel on mord à pleine dents pour son côté caustique et bourré de second degré qui casse l'imagerie traditionnelle du vampire draculesque. Sans compter de nombreux moments très politiquement incorrects qui n'en font que davantage apprécier l'ensemble.

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Et last but not least, un détour par le continent asiatique, grâce à la Thaïlande et Slice. Eternel mystère de la programmation, le film a été diffusé incognito un jeudi après-midi à 14h00, alors qu'il méritait largement la place d'autres productions ayant eu les honneurs du 20h ou du 22h... Un ex flic se voit lancé sur les traces d'un tueur en série et va découvrir peu à peu que les victimes ne sont pas forcément aussi étrangères l'une à l'autre qu'on le croyait. Une traque remarquablement mise en scène, dans un récit où les protagonistes ne manquent pas de zones d'ombre. Jusqu'au dénouement final particulièrement décoiffant d'audace qui ne fait pas regretter une seconde de s'être enfermé dans une salle obscure en plein milieu d'après-midi... Le remake US étant d'ores et d'ores déjà prévu, c'est dire si le film s'est révélé convaincant.

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Olivier Clinckart

01:27 Écrit par les filmat dans Bifff 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

01.05.2010

Bifff 2010: 2e bilan

LES BOFFFS DU BIFFF

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Giallo, quand Dargento nous fait rire jaune ("giallo")

 

A l'impossible, nul n'est tenu: votre serviteur n'a évidemment pas pu voir tous les films (une bonne soixantaine, et encore sans compter les courts-métrages) projetés au Bifff. Les lignes qui suivent seront donc très subjectives, mais néanmoins empreintes d'un minimum de flair cinématographique dont est doté l'auteur de ces lignes... ceci dit en toute modestie, bien entendu!

Pourra-t-on dire que la programmation du 28e Bifff aura été brillantissime? L'honnêteté critique nous pousse à dire que non. Même si, évidemment, sur les six dizaines de longs-métrages proposés, il est impossible de ne garantir au public que des perles rares. Mais force est de constater que le genre semble avoir un tantinet du mal à se renouveler et que les effets spéciaux omniprésents dans de nombreuses productions récentes ont tendance à noyer le scénario et donc plomber d'autant plus l'intérêt pour l'histoire.

Courage donc si vous lisez les lignes qui suivent: nous allons commencer par quelques-unes des petites et grosses déceptions du Festival...

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Le merveilleux destin d'Indiana Poulain?


Le film d'ouverture, The fourth kind, n'offrait rien de bien palpitant. Sous forme de faux documentaire, le récit emmène Milla Jovovich en Alaska pour résoudre un mystère dans lequel les extra terrestres ne sont pas loin. Du vu et revu cent fois, ainsi qu'une technique filmique (split screen, pseudo-coupures de la bande vidéo, etc...) qui a déjà été utilisée à maintes reprises.

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec permet à la célèbre B.D. de se voir transposée à l'écran, sous la houlette de Luc Besson. Si Louise Bourgoin prête ses charmants traits à l'héroïne de Tardi, Besson s'est ingénié pour sa part à composer un énorme fourre-tout, mix d'Indiana Jones, d'Amélie Poulain et d'une foultitude d'autres films d'aventures du même acabit. L'adjectif "extraordinaire" du titre est dès lors superflu: à force d'avoir voulu en faire trop, Besson en a fait trop peu pour rendre son dernier travail en date vraiment unique.

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Un hommage à Glenn Gould? La "gould" d'eau qui fait déborder le vase!...

Glenn 3948 -cocoricooooo!- est une production noire-jaune-rouge dont l'accouchement a été très loooong, puisque Marc Goldstein a mis plus de trois ans pour mener son projet à terme. Au vu du résultat final, il y a hélas de quoi se dire que le réalisateur aurait mieux fait de consacrer son énergie à autre chose. Sujet original -un robot se substituant à un pianiste ravagé par l'alcool- le récit se retrouve très vite sur la touche (de piano, forcément), plombé par une cacophonie à la limite du supportable (la musique omniprésente et à plein volume dans les tympans) et un scénar' qui part dans toutes les directions et ne ressemble plus à rien. Depardieu y apparaît en guest-star dans un rôle totalement inutile et la naïveté confondante qui se dégage de l'ensemble fait ravaler le cocorico poussé plus haut.

Michael Winterbottom n'a guère fait mieux. Pourtant renommé, le cinéaste se plante royalement avec The killer inside me qui promettait beaucoup, ne fut-ce que par son générique très vintage et le sujet d'un serial killer des années 50 à l'apparence anodine. Mais alors qu'il tenait un sujet en or, Winterbottom développe à peine la psychologie de son personnage et exploite bien peu l'ambiance de l'époque. D'une linéarité confondante, sans la moindre surprise narrative, le film se dégonfle comme une baudruche pendant que le spectateur souffle d'ennui, malgré un casting pas piqué des vers: Mesdames Jessica Alba et Kate Hudson d'une part, Messieurs Casey Affleck et Bill Pullman d'autre part.

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Casey Affleck en tueur psychopathe: tuant!

Mais le Méliès d'Or de la déception revient sans conteste au dernier Dario Argento, Giallo, qui comme son titre l'indique se veut un hommage au genre qui a fait la renommée du génial transalpin dans les années 70 et 80. Que cette époque bénie semble loin pour le formidable réalisateur des Frissons de l'angoisse, de L'oiseau au plumage de cristal, Quatre mouches de velours gris, etc... Hélas, Giallo n'est que l'ombre de ce que Argento a pu faire jadis, celui-ci bâclant complètement son film dès la mi-course et entraînant ses interprètes -Adrian Brody et Emmanuelle Seigner- dans un naufrage total...

Tout ça fait donc cher le navet, surtout en ces périodes de crise économique! Mais comme on aime le Bifff et qu'on n'a pas trop envie de rester sur une mauvaise impression, on vous garde les bonnes surprises pour le prochain post qui ne tardera pas...

Olivier Clinckart


 

01:24 Écrit par les filmat dans Bifff 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

30.04.2010

Bifff 2010: 1er bilan

BIFFF 2010: FERMETURE DES PORTES

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Du 8 au 20 avril, la capitale de l'Europe s'est retrouvée envahie par une foule de zombies, vampires et autres personnages mystérieux, eux-mêmes entourés de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs fidèles ou néophytes, tous désireux de se plonger dans l'ambiance inimitable du Festival du Fantastique.

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La Zombie Day Parade: qui a dit que Bruxelles était une ville morte? (photos: Jean-Marie Lesage, www.ardennesmagazine.be)

Organisé courageusement pour la 28e fois par le même petit groupe de mordus qui créa le Bifff en 1983, le Festival garde de ce fait un heureux aspect familial malgré qu'il soit devenu une grosse machine et que les critères de rentabilité à tout prix si chers à notre société ultra-capitaliste de ce début de siècle pointent de temps en temps le bout de leurs dents acérées, par exemple au travers de tarifs pas toujours très démocratiques. Ce qui peut s'avérer frustrant puisqu'on n'est évidemment jamais certain de la qualité du spectacle auquel on va assister, le Festival cultivant bien sûr chaque année de nombreuses perles mais aussi un joli lot de navets... Ce à quoi les organisateurs rétorqueront que diverses formules tarifaires (abonnement, réductions étudiants, réductions sur base d'un billet d'Euromillions, etc...) permettent de s'en tirer à meilleurs compte.

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Sans pub les prix démocratiques seraient biffés du Bifff: à condition d'être dans les 50 premiers, on peut encore s'en tirer à bon compte en échangeant son billet (perdant, de préférence) contre un ticket d'entrée pour le film de son choix.

 

Ces considérations pécuniaires mises à part -et bien conscients que l'argent reste le nerf de la guerre cinématographique- nous avons pu savourer les nombreuses manifestations mises sur pied par le Bifff, entre la Zombie Parade à travers les rues de Bruxelles, la compétition de Body Painting ou encore le sacro-saint...euh sacro-damné Bal des Vampires, dont les photos qui suivent donnent une idée de ce que fut la 23e édition de cette joyeuse réunion de créatures étranges. Car au Bal, l'entrée est strictement interdite aux simples mortels non maquillés ou déguisés, sous peine de morsure léthale.

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Nous reviendrons la prochaine fois sur la programmation de ce 28e Festival, le temps d'aller affûter notre plume chez le rémouleur le plus proche... Amis du gore et des frissons, à très vite!


Olivier Clinckart

 

02:37 Écrit par les filmat dans Bifff 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.04.2010

Bifff 2010 (1): Du sang et des boyaux

C'est le jeudi 8 avril que le Festival du Fantastique de Bruxelles a largué les amarres pour une bonne douzaine de jours de folies sanguinaires et horrifiques. L'occasion de recroiser sur le (trop?) grand site de Tour & Taxis de nombreux visages familiers, l'événement étant fréquenté par une foule de fidèles tout disposés à vivre dans le péché en se pourléchant les babines devant des projections très souvent contraires au premier degré et au politiquement correct.


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26.03.2010

Alice in Wonderland

Cette sacrée Alice a bien grandi! Du haut de ses dix-neuf printemps, la voilà promise à un jeune aristo tellement bien comme il faut qu'elle se voit déjà s'emmerder ferme pour toutes les dizaines d'années qui viennent.

Mais voilà qu'en suivant un étrange lapin blanc, elle se retrouve projetée dans le monde mystérieux où elle s'était déjà promenée étant petite. Elle y retrouve ses amis Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou.

La jeune femme se voit alors chargée d'une mission bien redoutable: mettre fin au règne de terreur instauré par l'ignoble Reine Rouge. Mais la mission sera bien délicate, d'autant que les doutes ne tardent pas à naître dans l'esprit de certains: cette Alice est-elle bien la même Alice que la gamine de jadis?

Voilà en gros comment Tim Burton dispose les pions de sa nouvelle prouesse visuelle tridimensionnelle. "De sa nouvelle histoire" aurions-nous préféré écrire, mais s'est-il vraiment préoccupé du récit? Permettez-nous d'en douter.

Personne n'ira bien sûr

02:27 Écrit par les filmat dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

25.03.2010

Bifff 2010: du 8 au 20 avril 2010

LE 28e FESTIVAL DU FANTASTIQUE DE BRUXELLES

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L'affiche du Bifff 2010, signée Mauricet

 

Plus que quelques fois dormir et ce sera reparti pour une nouvelle quinzaine de terreur dans les grands hangars de Tour & Taxis à Bruxelles... C'est là que se tiendra le 28e Bifff, alias le Festival du Fantastique qui draine chaque année une bonne soixantaine de milliers de spectateurs assidus. Nous y serons évidemment, mais n'hésitez pas à vous y rendre aussi, si vous êtes dans les environs: l'ambiance vaut le détour!

Des dizaines de longs métrages en provenance de tous les continents, une compétition du Court, un Bal des Vampires, un concours renommé de Body Painting, un défilé du Zombie Day, de nombreux invités (et non des moindres: Tobe Hooper et Lance Henricksen pour ne citer que ces deux-là);... n'en jetez plus, la coupe (de sang frais?) est déjà bien remplie...

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Massacre à la tronçonneuse, Poltergeist, ...: Tobe Hooper sera là !


Alors filez vite découvrir toutes les infos et la programmation sur

  http://www.bifff.net

 

Dès le 8 avril, la capitale de l'Europe se mettra à trrrrrrrembler!

 

Olivier Clinckart


20:59 Écrit par les filmat dans Bifff 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

20.01.2010

Millenium, le film

EN PLEIN DANS LE MILLE(NIUM)

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Mikael Blomkvist travaille comme journaliste économique pour le magazine Millenium. Condamné pour diffamation dans une affaire dont il s'est occupé, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier.

Mais apprenant cette retraite momentanée, Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur un meurtre non élucidé, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans.

Le choix de Vanger n'est pas innocent: trente ans plus tôt, Harriet avait été un temps la baby sitter du jeune Mikael. Ce dernier se prend donc au jeu et démarre une enquête qui va le mener vers des secrets de famille que certains ne veulent pas voir déterrés.

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Quand Harriet rencontre Mikael

La cruelle ironie du destin a voulu que Stieg Larsson meure avant de connaître l'immense succès rencontré par sa trilogie dont le deuxième film qui en est inspiré vient de sortir sur grand écran. L'occasion de revenir sur le premier film pour se rafraîchir la mémoire.

Reprenant donc une grande partie des ingrédients du premier volume, le film met en place les personnages, parmi lequel un duo vedette on ne peut plus antagoniste et donc complémentaire, comme il se doit. L'excellente composition de Noomi Rapace, qui s'est radicalement transformée pour le rôle, éclipse partiellement celle -forcément plus sobre- de Michael Nyqvist, mais les deux acteurs assument pleinement leur statut et contribuent à la réussite de ce thriller de haute volée. Ils sont d'ailleurs secondés par une bonne partie de l'élite cinématographique suédoise, sans doute ravie d'être de la partie, même si le spectateur francophone moyen sera forcément moins familier avec les noms présents au générique.

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Noomi Rapace et Michael Nyqvist, un duo à fond les manettes

Michael Nyqvist explique comment sa rencontre avec le metteur en scène Niels Arden Oplev fut à l'origine de sa participation: «Je n'avais pas lu les livres auparavant. Nous avons commencé à travailler de manière très équilibrée parce qu'il connaît mon travail et je connais le sien même si nous ne nous étions jamais rencontrés. J'ai eu le rôle et j'ai lu les trois livres en à peine une semaine. Totalement irrésistible. J'aime la façon dont le personnage est concentré sur son travail. Ce n'est pas vraiment moi, il ne se regarde pas dans le miroir. Il a une certaine élégance. Et il achève tout ce qu'il entreprend.»

L'atmosphère du film, quant à elle, est particulièrement réussie: une grande propriété familiale isolée du continent, les haines cachées entre les différents membres du clan, et surtout une intrigue passionnante et une enquête minutieuse parsemée d'indices astucieux qui vient perturber les fantômes du passé.

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Une intrigue menée haut les mains

            Tenant le public en haleine d'un bout à l'autre, Millenium prend soin de connaître un dénouement quelque peu différent de celui du roman et montre le dynamisme actuel d'un cinéma scandinave qui n'a pas grand chose à envier à Hollywood .

Olivier Clinckart

 

 

 

01:25 Écrit par les filmat dans Dvd | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.01.2010

Capitalism: a love story

Michael Moore revient en grande forme après un Sicko un peu moins inspiré. Il est vrai que la crise boursière et les excès de la spéculation ayant frappé l'économie mondiale fournissent une abondante matière à réflexion dont le cinéaste polémiste se sert avec brio, donnant ainsi à Roger et moi -auquel il se réfère ici- un aspect visionnaire.

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Comme à son habitude, il dénonce avec une forte dose de dérision tous les travers d'un système qui n'a jamais su se freiner et qui continue à manipuler les masses au seul profit d'une infime minorité de privilégiés. Habile mélange d'images d'archives très savoureuses -avec le recul- et de séquences contemporaines qui s'avèrent souvent piquantes, le film fait mouche.

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Venu présenter présenter son film à la Mostra de Venise 2009, Moore expliquait que "nous avons laissé Wall Street faire, et ils ont fait cela avec notre argent, en le plaçant sur d'invraisemblables produits dérivés. Les financiers ont besoin de bien plus qu'une régulation. Nous avons besoin de totalement nous restructurer, de repenser notre modèle économique dans le but de créer de l'argent, d'aider les emplois, etc... Vous savez, la démocratie n'est pas un sport où l'on se contente d'être spectateur. C'est un événement où l'on se doit de participer. Si on ne le fait pas, alors la démocratie n'a plus de raison d'être. Le président Obama réussira ou échouera non pas sur ce qu'il fera, mais sur ce que nous faisons pour le soutenir."

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Capitalism: a love story: la Bourse ou la vie?

De fait, le réalisateur ne se prive pas pour écorner les prédécesseurs de Barack Obama à la Maison Blanche (principalement les Républicains d'ailleurs, mais ce n'est un secret pour personne qu'ils ne les porte pas dans son coeur), montrant par exemple un Ronald Reagan à la merci de la Finance de son pays. Si, par ailleurs, Moore a parfois tendance à considérer exagérément les états européens comme fonctionnant plus efficacement que son pays natal, il n'en décrit pas moins avec acuité les dysfonctionnements de notre société actuelle. En cela, son pamphlet a presque un côté révolutionnaire, lorsqu'il démontre, exemples à l'appui, qu'un système économique à visage humain peut fonctionner. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire: cinéphiles de tous pays, unissez-vous et allez voir Capitalism: a love story.

O. Clinckart

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27.12.2009

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Le film de tous les superlatifs débarque sur notre planète ce mercredi 16 décembre! James Cameron -qui ne fait décidément jamais les choses à moitié- a relevé ce nouveau défi titanesque (un adjectif qui lui va bien) pour aboutir à une oeuvre qui révolutionne les effets spéciaux au cinéma.

Nous voilà donc embarqués à la vitesse de l'éclair en-dehors de notre système solaire, destination Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre en ce milieu de 22ème siècle. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, leur permettant de de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.

Sous sa forme d'avatar, Jake Sully, un Marine paralysé, peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...

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Une bonne quinzaine d'années de travail ont été nécessaires depuis la conception de ce projet pharaonesque jusqu'à son aboutissement. Et une telle durée se comprend aisément au vu du résultat final. Visuellement, la réussite est totale: la combinaison du numérique et de la 3D nous plongent en plein coeur de Pandora, dont les personnages et les décors pourtant fictifs sont saisissants de réalisme. Entièrement conçue par James Cameron, la planète Pandora a été imaginée jusque dans ses moindres détails par le cinéaste et ses collaborateurs, de la géographie à la faune et la flore, en passant par l'écosystème et surtout le peuple des Na'vi, pour lequel Cameron a fait appel à des spécialistes en comportement, dialectes et anthropologie afin de créer une race dotée d'une culture et d'un langage propres.

Mais si le film est techniquement irréprochable, n'est-ce pas au détriment du scénario, comme c'est parfois -et même souvent- le cas dans les récentes productions en 3 D ? Le récit est effectivement plus classique et puise allègrement dans le grand catalogue des films de S.F., voire même dans le western. Difficile en effet de ne pas voir dans l'aventure du héros une Danse avec les loups du 22e siècle, dans laquelle Jake Sully finit par prendre fait et cause pour ces êtres différents qu'il est censé espionner au départ...

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Par ailleurs, malgré sa durée de 2h41, Avatar n'en contient pas moins plusieurs ellipses qui font que plusieurs personnages se retrouvent soudain à certains endroits sans qu'on ne sache trop comment ils y sont arrivés. Ces petites lacunes narratives sentent les scènes coupées à travers toute la galaxie et laissent déjà supposer une future version longue donc Cameron est un habitué : il suffit de se rappeler par exemple son director's cut pour Abyss qui se trouvait ainsi rallongé d'une bonne vingtaine de minutes.

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Enfin, air du temps oblige, la fable écologique est au rendez-vous, mais heureusement sans naïveté aucune. Au contraire, à l'instar du récent District 9, les Terriens -très Américains, il est vrai- sont montrés ici avec un visage d'envahisseurs qui a le don de mettre le spectateur devant ses responsabilités environnementales et humanistes via quelques scènes très fortes de sens. Sans nul doute le point d'orgue de cette histoire qui malgré quelques faiblesses garantit de nombreux moments marquants. A l'instar de Terminator, de Abyss, ou encore de Titanic, Cameron a posé un nouveau jalon de l'histoire du Septième Art dans ce vol interplanétaire vers un nouvel âge du cinéma.

O. Clinckart

 

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17.11.2009

Festival du Court Métrage de Namur

FESTIVAL MEDIA 10-10

Parmi les nombreuses célébrations du cinéma en Belgique, le Festival du Court Métrage de Namur, aussi connu sous l'appellation Média 10/10, s'est tenu du 11 au 15 novembre 2009 à la Maison de la Culture de Namur. L'occasion pour souligner la haute tenue de la programmation et revenir sur un genre -le court métrage- qui reste souvent très discret de par sa faible diffusion sur les petits et grands écrans mais qui ne manque pourtant pas de talents en devenir.

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C'est ainsi que 41 films se disputaient les différents prix distribués par les jurys dans trois catégories: animation, fiction et documentaire. Une autre compétition, OVNI (pour Objets Visuels Non Identifiés) regroupait 16 films "inclassables", c'est-à-dire pour la plupart expérimentaux.

Sans détailler la liste des prix (disponible d'ailleurs sur le site www.media10-10.be), citons quelques titres ayant retenu notre attention et par ailleurs fort justement récompensés dans l'une ou l'autre catégorie pour certains d'entre eux...

L'été, de Vania Leturcq, ou la chronique de deux ados, un frère et sa soeur, pour qui les vacances dans le sud de la France voient naître l'ambiguité pouvant se dégager des amours adolescentes et autres sentiments encore difficilement identifiables. Un superbe duo d'acteurs aux expressions d'une grande justesse malgré leur jeune âge, ainsi qu'une lumière éclairant au mieux les scènes du film font de ce court métrage une des bonnes surprises du Festival.


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Chloé Rosier et Gwen Dupuis

Les amateurs, de Jean-Frédéric Eerdekens: un cocktail détonant où se retrouve pêle-mêle un scénario bien construit, un sens de l'humour et du cadrage, des effets spéciaux discrets mais efficaces, du rythme, un jeu d'acteurs fort bien maîtrisé,... ; bref une homogénéité tout à l'honneur du réalisateur qui utilise harmonieusement tous les éléments mis à sa disposition.

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Les 3 amateurs

Dans nos veines, de Guillaume Senez, ou la difficulté pour un jeune homme à peine sorti de l'adolescence d'assumer sa paternité, alors que lui-même baigne dans un climat familial empreint de violence paternelle. Un thème évoqué avec beaucoup d'à-propos, et tout comme pour L'été, une excellente interprétation d'un jeune comédien au potentiel indiscutable.

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François Civil

Allons-y! Alonzo! De Camille Moulin-Dupré, une petite merveille d'animation en forme  d'hommage au 7e Art français et certaines de leur figures de proue: Belmondo, Ventura , Godard etc... Techniquement irréprochable, ce court fait également preuve d'une imagination et d'une fantaisie enthousiasmantes.

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Un court métrage animé qui ne manque pas de souffle

Quatre exemples parmi beaucoup d'autres témoignant de ce qu'est le Festival du Court Métrage de Namur: une manifestation culturelle dynamique, un accueil chaleureux et une organisation très efficace. Le Festival Média 10/10 promeut les courts mais mérite largement d'avoir une vie très... longue!

 

Olivier Clinckart

 

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08.11.2009

Là-haut

LA-HAUT, LA TETE DANS LES ETOILES

 

 

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En matière d'animation, fabriquer un chef d'oeuvre relève désormais de la routine chez Pixar. Mais aucun risque pour le spectateur de devenir blasé: il ne faut pas longtemps pour replonger en enfance la tête la première et se laisser bercer par une histoire d'une qualité graphique remarquable et au scénario prenant d'un bout à l'autre. De ce récit à première vue très naïf d'un vieillard qui emmène sa maison dans un grand voyage en ballon, scénaristes et réalisateurs ont concocté une petite merveille alliant humour, émotion et fantaisie.

C'est par un apéritif -un charmant court-métrage, PARTLY CLOUDY- se déroulant lui aussi tout là-haut dans le ciel que débute la séance. Plein de poésie, le sujet explique tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'endroit où les cigognes vont chercher les bébés, à savoir dans les nuages! L'occasion de s'attarder sur un petit nuage tout gris et malheureux sur lequel bien peu de cigognes viennent se poser...

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Ce premier moment délicieux passé, LA-HAUT prend son envol. En bousculant d'emblée les conventions. Il fallait en effet oser choisir pour héros de dessin animé un vieillard, thème en principe peu porteur dans une société qui a tendance à écarter les plus âgés.

Mais il ne faut qu'un instant au scénario pour bluffer le public. Une séquence sans paroles de quelques minutes retrace la vie du personnage principal: sa jeunesse, son adolescence, la rencontre avec celle qui sera amenée à partager ses jours, leurs joies, les aléas de l'existence, le départ de l'être aimé,... On s'attendait à rire, mais ce sont les larmes qui perlent au coin de l'oeil à la fin de cette scène éblouissante, pleine de tendresse et de nostalgie.

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Du coup, même si LA-HAUT comporte de nombreux moments d'humour, il se veut également une belle réflexion sur le temps qui passe et sur la jeunesse envolée. Et ne se prive pas d'être joyeusement anticonformiste, un détail qui fait toujours plaisir dans une grosse production américaine.

Le duo formé par le vieux Carl (dont la voix française est assurée par Charles Aznavour) et le jeune Russell est par ailleurs très complémentaire: Carl, égoïste et aigri par les années, doit réapprendre le partage grâce à un jeune gamin dont le regard innocent va l'amener à accomplir son rêve de toujours et par là même, retrouver une seconde jeunesse, la plus importante: celle de l'esprit.

Film à lecture multiple, LA-HAUT est savoureux d'un bout à l'autre: par ses personnages -aussi bien principaux que secondaires- mais aussi parce qu'il fait feu de tout bois, osant aborder la mort en face, donnant un bon coup de pied à nos technologies omniprésentes ou encore en utilisant un... dentier comme arme!

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Et ce n'est là que la face visible d'une histoire truffée de références (à l'image du vilain Charles Muntz, clin d'oeil au vrai Charles Mintz qui dans les années 20 avait piqué à Walt Disney les droits de son premier héros, ce qui avait poussé ce dernier à en créer un autre, à savoir Mickey Mouse).

Eclatante réussite donc que cette merveille d'animation ayant nécessité environ cinq ans de travail, depuis l'écriture du scénario jusqu'à la postproduction. Avec à la clé un grand  honneur au dernier Festival de Cannes: LA-HAUT est en effet le premier dessin animé à y avoir été présenté en ouverture. Avec un bonus pour les spectateurs: la projection en 3D, ce qui renforçait d'autant plus la qualité stupéfiante d'images au réalisme déjà quasiment parfait.

Pixar réussit donc à nouveau le tour de force de nous emmener tout LA-HAUT, très haut vers les sommets du dessin animé.


Olivier Clinckart

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